Stéroïdes anabolisants, hormones de croissance, EPO… Derrière le dopage sportif se développe un trafic international qui représente un véritable enjeu de santé publique.
Un trafic qui dépasse le sport professionnel
Le marché illicite des produits dopants ne concerne pas uniquement les athlètes de haut niveau. Il alimente également une demande liée à la musculation, au culturisme et à la recherche de performances ou de transformations physiques.
Les produits proviennent de médicaments détournés de leurs circuits légaux, mais aussi de laboratoires clandestins échappant aux contrôles pharmaceutiques.
Internet et les réseaux sociaux facilitent leur commercialisation à l'échelle internationale.

Qui organise ce trafic ?
Contrairement aux idées reçues, ce marché n'est pas exclusivement contrôlé par de grandes organisations mafieuses.
Une étude universitaire menée par Katinka van de Ven (2016), à partir de 64 dossiers judiciaires en Belgique et aux Pays-Bas, révèle une diversité d'acteurs : trafiquants professionnels, producteurs clandestins, intermédiaires et revendeurs issus notamment du milieu sportif.
Certains réseaux sont structurés à l'échelle internationale, tandis que d'autres reposent sur des relations personnelles.
Des saisies internationales considérables
En 2019, l'opération Viribus, coordonnée par Europol dans 33 pays, a permis le démantèlement de 17 groupes criminels et la saisie de près de 24 tonnes de poudre de stéroïdes.
Plus récemment, en mars 2026, l'opération Pangea XVIII, coordonnée par INTERPOL, a notamment conduit à la saisie de 86 732 doses de stéroïdes anabolisants.
Ces chiffres illustrent l'ampleur du phénomène, mais ne permettent pas d'estimer précisément les volumes réellement commercialisés.
Des risques majeurs pour la santé
Au-delà des effets indésirables des substances dopantes, les produits clandestins présentent un danger supplémentaire : leur composition est souvent incertaine.
Une revue scientifique publiée en 2022, portant sur 5 413 échantillons de produits anabolisants issus du marché noir, a estimé que 36 % des échantillons étudiés étaient falsifiés.
Les produits peuvent contenir une substance différente de celle annoncée, présenter un dosage incorrect ou être dépourvus de principe actif.
Un enjeu de santé publique
La lutte contre ce trafic nécessite une coopération entre les autorités judiciaires, les douanes, les organismes antidopage et les professionnels de santé.
Combattre le trafic de produits dopants, ce n'est pas seulement protéger l'intégrité du sport : c'est aussi protéger la santé des consommateurs et la sécurité du circuit pharmaceutique.
Sources
Europol — Opération Viribus (2019)
INTERPOL — Opération Pangea XVIII (2026)
Van de Ven K. — Thèse sur les marchés illicites de produits dopants (2016)
Magnolini et al. — Stéroïdes anabolisants falsifiés, revue systématique (2022)

